L'historien et économiste français Nicolas Baverez, en 2005.

Quelle analyse faites-vous de la crise actuelle ? On entend dire ou on lit qu'elle marque la fin d'une époque, partagez-vous ce sentiment ?

Nicolas Baverez : Il existe deux types de crise du capitalisme : des crises ponctuelles, comme nous en avons connu avec le krach de 1987, l'effondrement du fonds LTCM en 1997, ou encore la crise asiatique de cette même année ; et puis des crises globales du capitalisme comme, au XXe siècle, la grande déflation des années 1930 ou les chocs pétroliers des années 1970.

Il ne fait pas de doute que nous vivons une nouvelle crise globale du capitalisme dans sa forme mondialisée. Une crise qui marque la fin du cycle ouvert à partir des années 1980, placé sous le signe du retrait des Etats au profit des marchés, de l'ouverture accélérée des frontières à partir de la chute du mur de Berlin, de l'innovation technologique enfin.

De ce cycle, la finance était à la fois la pointe avancée et le symbole. Sa chute marque donc une nouvelle grande transformation du capitalisme.


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