Malgré une baisse de 0,2 % en juillet, l'inflation reste fixée à 3,6 % sur un an LE MONDE | 12.08.08 | 14h14 • Mis à jour le 12.08.08 | 14h14

Dans l'ensemble des indicateurs économiques, la légère baisse des prix à la consommation de 0,2 % au cours du mois de juillet pourrait n'être qu'un répit de courte durée. Selon les chiffres publiés mardi 12 août par l'Insee, cette réduction minime enregistre les résultats de la période des soldes d'été dans l'habillement et la chaussure. La chute de 1,9 % des prix des produits manufacturés et dans une moindre mesure des produits frais compense à peine les hausses dans les services (+0,9 %), essentiellement dans les transports, alors qu'un coup de frein est donné dans l'énergie (+0,2 % après 3,5 % en mai). Sur un an, l'inflation reste fixée à 3,6 %.

Cette stabilisation des prix ne devrait pas suffire à contre-balancer l'annonce du déficit record des échanges commerciaux qui frôle 25 milliards d'euros depuis le début de l'année, et d'un nouveau recul de la production industrielle qui pourrait préfigurer l'entrée en récession de l'économie française. Selon l'indice publié lundi 11 août par l'Insee, la baisse de 0,4 % en, juin de l'ensemble des secteurs de la production, après 2,9 % en mai, s'établit à 1,4 % au second trimestre.

L'origine principale de cette atonie provient de l'industrie automobile. En juin, la production est en recul de 2,9 % après une chute brutale de 7,6 % en mai. Cette baisse résulte sans doute des aléas conjoncturels de la crise de l'énergie et du pétrole. Mais elle est aussi la conséquence plus durable des stratégies de délocalisations des constructeurs, Renault et PSA, en Roumanie et en Slovaquie. Le ralentissement atteint également les biens d'équipements (-1 %), l'électronique (-3,4 %), l'habillement (-2,3 %), jusqu'à l'industrie agroalimentaire (-0,9 %). Seul signe positif, l'industrie pharmaceutique ainsi que la parfumerie enregistrent une légère hausse de 1,4 %.

En attendant la publication, jeudi 14 août, des prévisions de croissance, les analystes multiplient les avertissements.

VOYANTS DANS LE ROUGE

Avec la baisse de la consommation de produits manufacturés et la détérioration de la confiance des industriels, "tous les voyants sont dans le rouge, ce qui ne peut que renforcer les craintes d'une mauvaise surprise pour la croissance", prévient Alexander Law, du cabinet XerFi. "Une récession est plus que probable d'ici à la fin de l'année", pronostique à l'AFP Mathieu Kaiser, de BNP Paribas.

Dans ce concert de prévisions plutôt catastrophiques, Luc Chatel, porte parole du gouvernement et secrétaire d'Etat chargé de l'industrie et de la consommation est bien le seul à relativiser l'ampleur d'une crise annoncée. Sur France 2, il a estimé mardi, que "la stabilisation des prix à laquelle nous faisons face nous laisse penser que le pic d'inflation est derrière nous". Ce résultat ne devrait pas empêcher corrections et réajustements dans la préparation du prochain budget d'ici à la fin du mois d'août par rapport aux hypothèses initiales.

Michel Delberghe Article paru dans l'édition du 13.08.08